BRUXELLES “Bandes urbaines : déjà 11 morts à Bruxelles”, tel était l'intitulé de la conférence de presse organisée ce jeudi par l'ASBL Ba Ya Ya, réclamant un diagnostic précis de la problématique qu'engendrent “ces jeunes d'origine subsaharienne en souffrance identitaire”, préférant cette appellation à celle de bandes urbaines.
L'association active sur le terrain pointe ainsi du doigt l'augmentation du nombre de décès liés aux rivalités qui les opposent. “En 2006, on comptait deux morts, on en déplore déjà cinq cette année. Les violences entre ces groupes ont également engendré 5 à 10 comas, une trentaine de blessés graves et tellement de viols qu'on ne parvient plus à les compter”, déplore l'une des fondatrices de Ba Ya Ya pour qui le n½ud du problème se situe dans une estime de soi insatisfaisante. “Le jeune d'origine subsaharienne qui appartient à ces groupes ne s'aime pas. Il procède à une automutilation communautaire, un suicide par procuration, en poignardant son alter ego, il se poignarde lui-même”, poursuit Mireille Robert qui va tous les jours à la rencontre de ces jeunes.
C'est effectivement avec une violence extrême que ces jeunes s'affrontent le plus souvent dans les rues de la capitale. Un phénomène inquiétant auquel la police fédérale vient de consacrer un dossier dans sa dernière Inforevue interne cet été. À Bruxelles face à l'ampleur du phénomène, plusieurs zones de police ont créé leur propre section Bandes urbaines, la capitale restant un pôle d'attraction de ces groupes dont les membres sont principalement d'origine subsaharienne.